Du blé québécois pour les boulangeries artisanales
Du blé québécois pour les boulangeries artisanales

Du blé québécois pour les boulangeries artisanales

Première Moisson

C’est une tendance forte dans l’agriculture au Québec: on y cultive de plus en plus de blé. Au 17e et 18e siècles, 75% des récoltes québécoises provenaient du blé, mais au fil des années cette production s’est progressivement déplacée vers les champs de l’Ouest canadien. La situation change, notamment parce que les boulangeries artisanales du Québec recherchent de plus en plus une céréale produite localement.

«80% de nos pains sont faits à partir de blé, indique Isabelle Boutou, conseillère en communications chez Première Moisson. Nos besoins en blé produit localement vont de pair avec nos valeurs d’entreprise: au lieu de déplacer des camions et des trains de l’Ouest canadien, on veut s’approvisionner ici.»

Selon l’Institut de la Statistique du Québec, la superficie de blé destinée à la consommation humaine a doublé entre 2011 et 2015, pour atteindre 84 500 hectares. Même si la province demeure un très petit joueur à l’échelle canadienne, ce changement de cap est révélateur. Selon Statistique Canada, le Québec a d’ailleurs connu une année record en 2013 avec une production de blé atteignant 183 milliers de tonnes.

Dans cette foulée, la meunerie Les Moulins de Soulange a regroupé depuis 2007 plusieurs producteurs et créateurs de farines de blé spécialisées sous une même égide. Sa production a pour but de s’accorder spécifiquement aux besoins de boulangeries artisanales telles que Première Moisson, en plus d’assurer une qualité et une constance dans les farines produites.

Des défis inhérents au climat québécois

Le climat chaud et humide du Québec est généralement favorable aux maladies fongiques qui guettent la fragile céréale de blé. Le défi est donc aussi d’adapter les cultures selon les différents terroirs et les différentes conditions climatiques de la province. La répartition régionale de la culture du blé est assez homogène sur le territoire du Québec, laissant donc place à une diversité intéressante.

«L’important est d’obtenir des variétés de blé qui soient aisément panifiables, nuance Isabelle Boutou. Chaque année, il nous faut évaluer les récoltes pour être certains qu’elles correspondent à nos produits.» En l’espace de quelques années, le blé est passé de céréale quasi-oubliée à produit prisé pour ses saveurs uniques, regagnant ainsi ses lettres de noblesse.